L’ARTISTE est L’ALCHIMISTE de sa VIE

Je suis experte dans l’art de m’éviter, d’éviter mon besoin de créer, de contrôler cette intensité créative qui bout dans ma tête et mon corps. Je me sabote de mille et une manières : la vaisselle, le ménage, la lessive, les chats, face de bouc,soucis excessifs de rendre les autres heureux, séries télévisées… C’en est maladif. On dirait que tout passe avant mon besoin. Voyons, Annie, les autres, c’est bien plus important que toi !On dirait que j’ai pataugé si longtemps dans un état d’anxiété, de stress, de négativisme, de dénigrement, de sentiment de rejet, que j’ai du mal à m’en extraire. Je me complais dans mon malheur. Et pourtant, j’ai touché le ciel les fois où je me suis respectée, où j’ai laissé ma créativité s’élancer au galop dans les champs sauvages de mon imagination. Et cela, à raison de 1000 mots nouveaux par jour. Je me rappelle la paix intérieure ressentie, la joie de vivre, d’être, de respirer… Pourquoi est-ce si difficile pour moi de revenir à cette routine d’écriture, à l’expression de cet amour prodigué à l’artiste que je suis ? 

Je suis mélodramatique, anxieuse, hypersensible ; je suis une personne empathique ; je ressens toutes sortes d’émotions, tous les jours. Et toutes les nuits. Mes rêves, un feu roulant d’images, de scénarios, d’actions… Ma vie intérieure se compare à l’océan sous l’orage, avec ses vagues gigantesques qui montent et redescendent. Et durant ma jeunesse, cette mouvance intérieure s’est traduite par des comportements de petite fille colérique, impatiente, susceptible, au caractère irritant de ti-boss de bécosse. Et à cause de ces comportements, on a posé des étiquettes sur moi. Dès lors est né ce fichu sentiment de rejet, contre lequel je lutte encore aujourd’hui. Cette partie créative qui m’habitait étant jeune n’a pas été reconnue à sa juste valeur. Mon défi actuel est de la reconquérir tous les jours. C’est à moi, et pas aux autres, de me reconnaître en tant qu’artiste, en tant qu’écrivaine et de l’assumer pleinement, avec amour ! 

Je suis mélodramatique, anxieuse, hypersensible ; je suis une personne empathique ; je ressens toutes sortes d’émotions, tous les jours.

Ma bibliothèque comporte de nombreux livres sur l’écriture, dont trois écrits par Julia Cameron. Ce qu’elle écrit m’aide à reconquérir l’artiste en moi, à mieux en comprendre la nature. Là où les autres voient un défaut, elle apporte une perspective nouvelle du comportement, de l’attitude, de l’émotion… Celui que j’ai ouvert aujourd’hui s’intitule L’Art Pratique de la Créativité. Dans le troisième chapitre, Découverte de la notion de perspective, plusieurs phrases m’ont particulièrement touchée ; elles ont résonné en moi, comme un appel à la contemplation… 

« En tant qu’artiste, vous êtes un guérisseur culturel. » P. 79

« Notre monde intérieur est une palette complexe, puissante, ludique et exquise de couleurs, de lumières et d’ombres, une cathédrale de conscience aussi glorieuse que le monde de la nature lui-même. » P. 82

« Notre monde intérieur est une palette complexe, puissante, ludique et exquise de couleurs, de lumières et d’ombres, une cathédrale de conscience aussi glorieuse que le monde de la nature lui-même. »

« Lorsque nous perdons intérêt en nous et en nos vies, lorsque nous nous disons que nos rêves ne comptent pas ou qu’ils sont impossibles à réaliser, nous nions l’héritage spirituel qui nous a été transmis. Suite à quoi, nous devenons sujets à la dépression et à l’épuisement, à la maladie même. Nous devenons impatients, irritables, tendus, et nous nous qualifions de névrosés. C’est faux, nous ne sommes pas névrosés, nous sommes simplement malheureux parce que nous avons muselé notre moi créatif. » P. 2

« Quand nous nous adonnons à notre créativité, nous guérissons. […] En exprimant notre nature intrinsèque, qui est belle, particulière, précise et originale, il s’effectue en nous une transformation curative qui touche davantage notre relation au monde que nous-même. […] Ce qui guérit, c’est le fossé entre notre dimension spirituelle et la perception erronée que nous avons d’être imparfaits. » P. 83

« L’art est thérapeutique, mais n’est pas thérapie. La thérapie vise la transformation par la compréhension, alors que l’art vise la transformation par l’expérience. […] Le but de la thérapie est de désarmer les émotions, de remettre les émotions blessées dans une certaine perspective. L’art, par contre, met les émotions blessées à contribution ― ou tout autre « combustible » disponible ― pour modifier non pas notre perception d’une réalité extérieure, mais pour modifier cette réalité par une réalité que nous exprimons. » P. 86

« Mais, plus que toute autre chose, nous pouvons décrire l’art comme un geste qui chérit notre expérience, nos émotions, nos perceptions. […] Peut-être est-ce par l’attention consciencieuse qui nous habite quand nous créons, que nous touchons l’étincelle divine. Ce contact divin est toujours thérapeutique. » P. 87

« Apprendre à faire de l’art plutôt que des mélodrames à partir d’une imagination en surchauffe est une aptitude qui doit être acquise tôt et mise en pratique totalement. Si nous voulons créer de l’art vivant ― et un art de vivre ―, nous devons être prêts à patauger dans les tourbillons de la condition humaine et à accepter que la vie, de par sa nature, est turbulente, puissante et mystérieuse. » P. 90

« L’artiste apprend à conserver les mélodrames sur la page, la scène, la toile, le film. C’est là que les monstres et les beautés, les joyaux et les déchets de l’imagination peuvent être triés, façonnés et transformés en art. » P. 90

« L’art étant notre alchimie, la douleur d’un amour perdu devient le déchirement dans la chanson d’amour. La misère résultant d’une absence de direction dans la vie devient un air de Jazz furieux et dissonant. Voici ce que doit être le credo de l’artiste : “Rien n’est mal, rien ne se perd, rien n’est névrosé, rien n’est désavoué. Tout est possible en art.” » P. 91

Je suis l’alchimiste de ma vie…

4 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Louis Rodrigur dit :

    J’aime bien te lire, Annie… Beaucoup de spontanéité et de dévoilement de qui tu es, tes émotions, tes saboteurs intérieurs, ta créativité et ton goût de découvrir et même faire face a tes peurs pour y découvrir le trésor qui s’y cache. Ca fait de toi une personne lumineuse, je te l’ai souvent dit, je crois. Artiste que tu es, ça m’a fait aussi penser a moi, quand j’ai monté mon entreprise, j’explique ça dans mon atelier d’entrepreneurship : l’entrepreneur est un artiste aussi quand il crée un tableau vivant, son entreprise, tableau en 3-D, comprenant des personnes en interaction, une culture d’entreprise, et qui a la fin fonctionne seul sans même son fondateur, alors là, le tableau est complété. Les entrepreneurs que j’ai rencontré sont comme toi et moi, fonctionnent avec instinct, avec émotions aussi et vision créatrice et vivent avec des saboteurs intérieurs aussi comme ne pas être a la hauteur, mes employés sont tous meilleurs que moi,etc…que je ne connais ou maîtrise même plus la profession qui m’a amené a créer mon entreprise au départ comme travailleur autonome…Alors, le grand lâcher prise, c’est de reconnaître, que tu n’es plus le physicien ou spécialiste que tu etais au debut, mais dans ta tête, tu es devenu « Entrepreneur », un artiste qui a créé ce tableau vivant rempli, dans mon cas, de plein d’amour…. Je ne sais pas pourquoi je t’écris ça, mais je me suis reconnu en toi avec tous me doutes et joies que j’ai vécu comme entrepreneur quand j’ai laissé l’enseignement. Et toi aussi, tu étais enseignante, et tous les deux, on s’est lancé dans le grand « Inconnu », pour en fait découvrir davantage « Qui on Est ». Dans me voyages, je vis mes doutes aussi comme là, aux Indes, mais une fois traversé la frontière vers cet inconnu (nouveau pays totalement différent), je traverse aussi la frontière d’une certaine anxiété en soi, pour finalement découvrir la beauté de ce monde et aussi de ce qui est en moi, car le monde extérieur est vraiment le reflet de soi. Alors, chère artiste, Annie, continue d’explorer, de partager doutes et émerveillements, car la vulnaribilité que tu exprimes est le reflet de la grande Âme que tu es, parce que tu as accepté toute cette humanité sans réserves.
    Louis xx

    Aimé par 1 personne

    1. Merci, Louis. J’aime ce que tu dis. Nous sommes toutes et tous les artistes de notre vie, peu importe le domaine dans lequel nous travaillons, le lieu où nous vivons, c’est nous qui forgeons notre avenir en réalisant nos rêves dans l’instant présent. Merci, belle âme, et bonne continuation dans tes voyages en Asie. Bisous xxx…

      Aimé par 1 personne

  2. Edith Desrochers dit :

    Bravo Annie! Ton blogue est lumineux, comme toi. J’ai envie d’aller me rasseoir et de recommencer à écrire, là, tout de suite. Merci de nous livrer tes mots, ta bonté et ton inépuisable imagination. Je t’aime.

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    1. Merci, chère Édith, pour tes bons mots. Je suis heureuse que ce que j’ai écrit t’inspire à écrire. Tant mieux. On fait tous.tes partie de la grande famille des écrivains.nes. C’est magnifique ! 🙂

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