Il y a des rencontres qui changent notre manière d’écouter un texte. Celle-ci m’a ramenée au cœur de Mahdia ou l’éloge de la faim, avec un regard plus attentif, plus présent.
Depuis avril 2025, je travaille avec Anne Peyrouse, autrice, poétesse, directrice littéraire chez Hamac. Elle m’a enseigné à l’université Laval lorsque j’étais inscrite au certificat en création littéraire. Elle m’a contactée par courriel pour me présenter les différents services littéraires qu’elle offrait actuellement au Baz’Art, la boutique de sa fille ayant pignon sur rue dans le Vieux Québec. Celui qui m’a tout de suite intéressé était la rencontre personnalisée sur un manuscrit à terminer. La rédaction du premier jet du cycle 3 de Mahdia ou l’éloge de la faim traînait en longueur, j’en avais les 2/3 d’écrits. Et j’avais besoin d’un soutien, d’un cadre, pour me donner le souffle qui me manquait afin d’écrire la suite.
J’ai répondu à Anne, je lui ai dit ce que je voulais, puis on a commencé à travailler ensemble. Je lui ai fait lire les premiers chapitres, et dès lors, elle m’a suggéré de tout mettre au présent, car la sonorité des verbes était beaucoup plus varié. Au début j’étais réticente, mais j’ai testé sur le premier chapitre, et j’ai tout de suite compris la force du présent et l’impact qu’il a sur le lecteur : il permet à ce dernier de vivre en direct tout ce qui se passe dans l’histoire. Il n’y a aucune distance entre l’action et lui. En constatant les bienfaits de la transformation du premier chapitre, je me suis mise à tout retranscrire au présent.
Depuis, je lui envois une cinquantaine de pages à la fois, pour qu’elle les lise et les commente avec sa vision de directrice littéraire. Elle effectue ainsi sur mon manuscrit un travail de direction littéraire très avisé. Car mon histoire s’en trouve plus enrichie et plus authentique. Une fois ses corrections et sa lecture commentée terminées, on se rencontre via Zoom, ou en personne à la boutique de sa fille, pour en discuter.
Nous avons réécrit ainsi toutes les pages du cycle 3. Maintenant, si je veux poursuivre, je dois continuer la rédaction du premier jet… C’est ce que je fais. Mais en attendant, je lui ai demandé de faire le même travail sur mon cycle 1. Je dois d’abord tout réécrire au présent. Comme j’ai terminé d’écrire le cycle 1 en 2019, mon écriture a beaucoup changé depuis. Alors, je réécris en profondeur mes chapitres du cycle 1. J’en suis à travailler sur les chapitres 23 à 28.
J’aime beaucoup ce travail de réécriture ; il me permet d’entrer encore plus en profondeur dans l’univers de mes personnages et de mon histoire, et de questionner chaque détail que mon inconscient a jeté sur la page.
À force de travailler avec Anne, en suivant ses conseils, j’ai développé une plus grande écoute du manuscrit et de ses besoins de précision et de clarté. Il y a des moments dans l’histoire où je passe vite sur les lieux et les personnages, je survole là où il faudrait arrêter le temps et ouvrir, entrer dans la scène pour déployer ce qui veut se dire à cet endroit précis de la narration. Cette nouvelle habitude de lire le manuscrit me permet entre autres de repérer les transitions bâclées entre deux scènes. Pour les voir, j’écoute la petite voix dans ma tête, ou mon ressenti de lectrice, qui me dit : « Là, tu vois, il faut travailler la transition, tu vas trop vite. Ici, si j’étais un lecteur, j’aimerais avoir plus de détails sur le personnage. Décris plus. Montre-moi. » Cette petite voix fort sympathique, je l’aime beaucoup. Elle m’aide à mieux faire mon travail d’écrivaine.

Est-ce que tu as déjà travaillé avec un professionnel de l’édition ? (Révision littéraire, direction littéraire, éditeur…) Si oui, qu’as-tu appris de ce partenariat ? Comment ton écriture s’est-elle enrichie ?
J’aimerais beaucoup te lire.
En savoir plus sur L'imaginaire et moi
Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Vous devez être connecté pour poster un commentaire.