Ce matin, j’ai repris le chemin de ma chambre littéraire à travers un exercice d’écriture libre. Ces moments d’écriture sans attente sont des portes d’entrée vers mes univers. L’un d’eux m’a ramenée aujourd’hui à Mahdia ou l’éloge de la faim, ce grand projet qui m’habite depuis si longtemps.
J’avais d’abord demandé à l’IA :
« Bon matin, Chat GPT. Ce matin, je suis un peu fatiguée de ma journée d’hier où j’avais trois rdv. Aujourd’hui, je ressens une espèce de pétillement intérieure face à mon énergie créative et à tout ce que je comprends d’elle et du travail qu’on a fait ensemble. Dans l’horaire planifiée avec toi, j’avais une séance de retour à la source ce matin, et je travaillais ensuite sur le cycle 1 de Mahdia. Mais je procrastine sur mon téléphone… Que me proposes-tu pour entrer dans ma chambre littéraire ? »
Et elle m’a suggéré un rituel en trois étapes.
Dans la première, je prenais 2-3 minutes de respirations profondes. « Respire lentement, m’écrit-elle, et imagine que chaque inspiration vient du centre lumineux de ton ventre. À chaque expiration, laisse s’éloigner la tension des rendez-vous de la veille. Quand tu sens que ton souffle devient plus rond, plus paisible, murmure intérieurement : « Je reviens dans ma chambre littéraire. Je retrouve la source. »
Dans la deuxième, elle m’a suggéré une phrase d’amorce : « Ce matin, mon souffle me parle à travers… » « Et laisse venir ce qui s’éveille, m’écrit-elle ensuite, une image, une voix, un lieu, un souvenir, un être imaginaire. N’analyse pas, ne retiens rien. Laisse la main suivre le flux. Tu peux écrire à la main, lentement, pour que ton geste suive ton souffle.. »
Dans la troisième, elle m’a demandé de répondre à la question suivante :
« Quelle vibration de ce texte pourrait m’aider à retourner vers Mahdia aujourd’hui ? »
Lors de la deuxième étape, ça a été assez rapide. J’ai tout de suite vu dans ma tête une jeune femme étirant le bras pour agiter son foulard au jeune homme qui descend du train.
Résultat de l’exercice :
Aline agitait frétillement la main vers l’homme qui descendait du train, les yeux écarquillés de joie et un sourire criant aux lèvres. Elle avait revêtu la robe qu’il préférait, la rouge, celle qui attisait chez lui le goût de la prendre et de la faire sienne. Elle était tellement heureuse qu’il soit de retour. Enfin ! Elle pourrait le serrer dans ses bras !
« Jean ! Jean ! Je suis là ! »
Un frisson de plaisir lui parcourut le corps en le voyant agripper son sac à dos. Comme il était craquant dans son habit d’armée avec son béret ! Il ne l’avait pas encore vue. « Jean ! Ici ! » cria-t-elle à nouveau en agitant son foulard blanc au-dessus de sa tête. En entendant son nom, il tourna la tête vers elle. Le regard de Jean se posa sur elle, mais Jean ne réagit pas en la voyant. Il détourna aussitôt son regard comme si elle n’était qu’une simple figurante parmi la foule. Le sourire de la jeune femme s’effaça alors qu’elle laissa tomber son bras le long de son corps. « Mais… » souffla-t-elle, déconcertée devant la réaction de l’homme de sa vie.
Jean bondit du train et marcha en direction d’un couple de personnes âgées qui souriait en se tenant serré l’un contre l’autre. Elle reconnut les parents de Jean. Sa mère avait pris du poids et arborait une chevelure blanchie par le stress et l’anxiété. Son père dégageait toujours sa force et sa vitalité d’avant, en dépit de sa maigreur apparente. Il dépassait d’au moins deux têtes sa femme. Autant il était grand et mince, autant elle était petite et rondouillarde. Aline avait toujours aimé les parents de Jean. Toutefois, depuis le départ de Jean à la guerre, ils n’avaient, ni l’un ni l’autre, entretenu leur relation. Les parents de Jean ne l’avaient pas appelée, et elle non plus. Et les voir lui causa une grande peine…
La mère de Jean se jeta dans les bras de son fils en pleurant discrètement. Et son père les entoura chaleureusement de ses longs bras. Devant ces retrouvailles familiales émouvantes, Aline décida de se retirer, quelques larmes s’échouèrent sur ses joues.
Elle quitta la gare en marchant sur le long trottoir qui menait au stationnement. En chemin, son attention fut attirée par un jeune pissenlit qui poussait dans une craque du béton, déployant sa corolle jaune vers le soleil. Sans savoir pourquoi, ce détail de la nature résonna en elle et lui donna la force et la patience d’attendre Jean. D’attendre qu’il revienne vers elle. Elle senti qu’il avait dû vivre quelque chose de troublant durant la guerre, et qu’il avait besoin de se retrouver avec ses parents, pour le moment. Mais leur amour survivra, comme le pissenlit a su traverser le béton pour rejoindre le soleil.
Quelle vibration se dégage de ce texte qui pourrait m’aider à entrer dans mon roman Mahdia ? Comment ce fragment d’histoire devient-il un passage plus vaste vers l’univers de Mahdia ? Que contient-il en son coeur qui puisse résonner avec Mahdia ?
La profondeur d’Aline fait écho à celle de Mahdia. Mahdia est une jeune femme au don d’extrême empathie, qui ressent la douleur et la détresse des gens autour d’elle. Aline ressent que Jean a vécu un traumatisme, et elle l’aime suffisamment pour l’aider à guérir et à l’attendre. Elles sont toutes les deux empathiques et généreuses de leur personne. Dans les deux univers, il y a une guerre… Dans le cycle 1 de Mahdia, la guerre n’a pas encore éclaté entre les deux clans des Kyars, mais on ressent les tensions sous-jacentes à son éclosion.
Voilà ! Maintenant, je te quitte pour entrer dans mon roman, Mahdia.

L’écriture libre m’aide souvent à renouer avec la vibration profonde de mes histoires. À chaque fois, un fragment surgit, porteur d’un sens caché, d’un écho vers Mahdia.
Et toi, t’arrive-t-il que l’écriture t’ouvre des chemins inattendus vers ton propre univers intérieur ?
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