Le chant du HU : une pratique spirituelle pour les écrivains

Au seuil des matins d’épuisement, une force invisible m’appelle. Dans le silence du corps, une note s’élève — souffle ancien, mémoire d’âme. De ce chant est née l’écriture de ce billet, comme une offrande à la lumière qui veille même dans l’ombre.

Il a de ces matins où la fatigue enlise le corps, où les vulnérabilités se déploient, où je vibre au diapason des incessants flots intérieurs. Je suis submergée. Et si lasse… Comment, dans cet état, puis-je entrer dans ma chambre littéraire et me mettre au service de mes histoires ? Est-ce que les échos intérieurs pourraient alors nourrir les émotions de mes personnages, accentuer les nuances d’un décor ou intensifier les conflits intérieurs ? Comment utiliser ma réalité de fatigue pour écrire?

Il me vient alors le besoin de partager ce que je vis, de communiquer avec les autres, et me voilà, en train d’écrire ce billet de blogue.

Je crois qu’il me faut apprendre à vivre avec mes contraintes physiques. Cela fait partie du décor de mon histoire d’écrivaine. C’est un élément sur lequel je peux bâtir, construire. Ce n’est pas à rejeter, ni à mettre de côté. Cela est. C’est tout. L’autre jour, quand j’étais encore submergée par tout un tas de situations difficiles, mon coach d’écriture m’a dit d’utiliser cette énergie-là pour explorer mon imaginaire. Parfois ça nous mène vers des régions qui ne seraient pas explorées si tout allait bien. J’aime beaucoup sa façon de concevoir la vie d’écrivain dans son ensemble. Il a une vision juste, sage, qui intègre toutes les parties de l’écrivain au service de la création littéraire.

Ce matin, j’ai discuté avec mon conjoint, qui est à l’extérieur du pays pour quelques jours, et nous parlions de mon roman Mahdia ou l’éloge de la faim et du rôle que je perçois actuellement qu’il pourrait avoir des le monde. Dans cette histoire (les cycles 2 et 3), il est question du Viento cantado, un son que les Sobrevivientes, les humains transformés et abandonnés par les Kyars ou les grands brûlés, victimes humaines des feux verts des Kyars, sifflent pour se connecter à leur lumière intérieure et apaiser les souffrances qu’ils peuvent ressentir dans leur corps. Ainsi, en ressentait cette paix intérieure, ils se protègent contre les Kyars assoiffés/affamés de leurs détresses, qu’elles soient physiques ou psychiques. Et je disais à mon conjoint qu’à la fin du livre j’écrirais une note pour expliquer aux lecteurs que ce Viento cantado est inspiré par le mantra que certaines religions pratiquent, lequel procure une paix intérieure à leur membre. Moi, personnellement, je pratique le chant du HU (qui se prononce « you » et se chante en étirant le son « ou » jusqu’à la fin de notre souffle) depuis 39 ans. Et ce mantra est ma bouée de lumière, ma nourriture spirituelle. Le chant du HU, je le chante tous les matins, au moins vingt minutes dans mon lit, avant de me lever. Cette pratique m’a aidée à traverser toutes les épreuves et les détresses psychiques que j’ai pu vivre depuis mes 18 ans.

Ce chant du HU m’a même aidée à me libérer d’une entité astrale qui s’était collée à moi, et qui se nourrissait de ma tristesse et de ma colère, un peu comme le font les Kyars dans ma trilogie, Mahdia ou l’éloge de la faim.

Je lui expliquais que tout ce que j’ai vécu depuis mon enfance, je l’aurais vécu pour écrire, entre autres, cette histoire-là, dans laquelle je transmets au lecteur que la pratique quotidienne du mantra nous libère de nos chaînes émotionnelles et mentales, et nous permet de vibrer au diapason avec l’être de lumière que nous sommes : l’âme, la source d’où jaillit toutes les idées, toutes les histoires, tous les personnages, les intrigues, les décors imaginaires, l’amour, la joie, la pureté, l’émerveillement, la curiosité… Le chant du HU a, quant à lui, le pouvoir de guérir les coeurs, d’apaiser les anxiétés, de nous reconnecter à la source divine qui vit en soi, de nous guider dans la résolution de problème, de nous ouvrir le coeur à une plus grande capacité d’amour.

Les bienfaits du HU sont infinis.

Si tu veux en connaître davantage sur la pratique du HU, je t’invite à visiter le lien ci-dessous :

EXPERIENCE HU

La pratique du chant du HU m’aide beaucoup aussi dans mon écriture, en affûtant mon intuition et ma sensibilité d’écrivaine, qui me permettent de mieux décoder les traces de l’inconscient et de les suivre. Le chant du HU me permet ainsi de lâcher prise, de faire confiance à ce qui veut se dire, et d’avoir une foi absolue en ma force créative.

J’ai écris Mahdia ou l’éloge de la faim, un chapitre à la fois, sans plan, simplement en écoutant les ressentis des personnages à la fin de chaque chapitre, en les interrogeant pour savoir ce que j’allais écrire ensuite. Je tiens plusieurs carnets pour chaque cycle de la trilogie, dans lesquels je jette mes idées, j’interroge les personnages, les lieux, j’y écris mes ressentis, mes intuitions. Le carnet est un lieu de remue-méninge qui me permet d’être à l’écoute de ce qui vient, de ce qui monte en moi ou qui se dévoile sur mon écran intérieur.

Le carnet et le chant du HU sont deux piliers de ma pratique d’écriture.

Et toi, quels sont les piliers de ta pratique d’écriture ? Chantes-tu un mantra ou pratiques-tu une forme de méditation ou de rituel qui t’aident à entrer dans ta chambre littéraire ?
J’aimerais beaucoup échanger avec toi sur ce sujet.


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