Vivre avec son énergie créative

Je crois que chacun porte en soi une force créative qui cherche à se dire. La mienne, je l’ai longtemps tenue à distance, freinée par mes blocages et mes doutes. Aujourd’hui, j’apprends à l’accueillir comme une alliée. Ce billet, c’est un bout de ce chemin : vivre avec son énergie créative, c’est choisir chaque matin de lui ouvrir la porte.

Je me suis levée, ce matin, fébrile, habitée par le travail d’hier. Ce qui s’est ouvert en moi me poursuit encore. Je sens que j’avance sur un fil entre deux mondes : celui de mes projets concrets (la trilogie, les recueils, les billets) et celui, plus intime, de mon imaginaire qui gronde et réclame de l’espace. J’ai envie de vous partager ce moment parce qu’il parle de la vie d’écriture. Écrire, c’est apprendre à écouter ce tremblement intérieur et à choisir chaque matin par quelle porte y entrer.

Écrire, c’est apprendre à écouter ce tremblement intérieur et à choisir chaque matin par quelle porte y entrer.

Longtemps, j’ai refusé d’écouter ces tremblements intérieurs, ces mouvements qui se levaient en moi. Par manque de confiance en ce que j’étais, par peur d’être à côté de la plaque et surtout par méconnaissance du fonctionnement de mon énergie créative. Je n’étais pas toujours consciente de ces manifestations intérieures. Mais lorsque je l’étais, je les ignorais parce que mon travail d’enseignante à temps plein, mon rôle de mère de deux adorables garçons et tous mes autres devoirs m’absorbaient complètement. 

Quand les enfants sont partis de la maison et que j’avais tout le temps pour m’occuper de ma force créative, eh bien, ça n’a pas été aussi facile que je le croyais ; pendant une quinzaine d’années, j’ai fait face à des blocages psychologiques. J’ai consulté : des psychothérapeutes, des psychologues. J’ai cheminé. Durant cette période, oui, j’ai écrit, et oui, j’ai publié. Et c’était super ! Mais, je n’étais pas encore pleinement consciente de la portée de ma force créative. Ma pratique d’écriture était irrégulière, car je dominais le cheval fou en moi, au lieu de le laisser galoper librement au vent. Je le contrôlais à tel point que, parfois, j’en perdais le goût de vivre.

Mon écriture ne prenait pas toute la place dans ma tête, mes émotions, mon cœur, mon corps. M’occuper des autres était encore plus important que le reste. J’ai dû me reprogrammer pour en arriver à accorder plus d’espace à ma pratique d’écriture. Pour cela, j’ai dû faire face à ma vulnérabilité, à mes failles, à mes faiblesses, et les accepter comme étant la texture qui singularise mes écrits, mes histoires, mes personnages et mes intrigues. J’ai dû apprendre à aimer la personne que je suis, à m’ouvrir à cette énergie créative hors norme qui vit en moi, à l’accueillir et à l’accepter. Ça a pris toute une vie (une cinquantaine d’années), parce que déjà, petite, j’étais appelée par l’écriture, mais pour des raisons XYZ, j’ai parcouru un chemin de traverse qui m’a ramenée à ce jour-ci, où j’écris ce billet.

Donc, désormais, j’apprends à écouter mes tremblements intérieurs le matin pour choisir ensuite par quelle porte entrer dans mon écriture, dans ma chambre littéraire. 

Et ce matin, c’était ce billet de blogue. 

Et toi, comment accueilles-tu ta propre énergie créative au quotidien ?
N’hésite pas à partager tes réflexions ou tes expériences dans les commentaires, j’adorerais te lire !


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