La puissance de la vulnérabilité en écriture

(Les images dans ce billet sont générées par l’IA.)

Il y a des périodes où les mots se taisent. Où l’on se retire dans sa caverne, silencieuse, pour écouter ce qui gronde à l’intérieur. Pendant ces derniers mois, j’ai ressenti ce besoin de recul. Aujourd’hui, je reviens vers toi avec le désir de partager ce qui m’habite vraiment.

Si tu m’accompagnes depuis quelques années, tu auras constaté que la parution de mes articles n’est pas constante. Cela varie en fonction de mon état d’être. J’ai remarqué que mes absences surviennent au moment où se déploie avec force mon sentiment d’imposture. Je me dis alors : qu’est-ce que j’ai à leur raconter que les autres ne pourraient pas mieux dire ? Il y a tellement de bons enseignements sur l’écriture et l’art de raconter des histoires ! Anaël VerdierCécile Duquesne. Carl Rocheleau. J’ai tant à apprendre encore ! Ma vision est focalisée sur ma vulnérabilité et je vois le monde à partir de ma faiblesse. Qu’est-ce que moi, AnyJann Perrau pourrait bien apporter de plus que tout ce que les autres ont déjà apporté ?

Je suis unique, je suis vulnérable. Je perçois mon processus créatif d’une manière spécifique. J’ai une passion pour les mots, pour les récits. Je suis sur mon propre chemin, en train de me découvrir moi-même. Je m’ouvre à qui je suis vraiment et j’accepte cette identité. Je m’efforce chaque jour de vivre pleinement cette réalité qui est la mienne.

La faille, le manque et la détresse sont en partie la matière des mots qui s’écoulent hors de moi. Ils façonnent la texture singulière de mes univers et la singularité de mes personnages.

La faille, le manque et la détresse sont en partie la matière des mots qui s’écoulent hors de moi. Ils façonnent la texture singulière de mes univers et la singularité de mes personnages. Mais au-delà de ma face obscure, vibre le joyau qui répand sa lumière et sa mélodie entre les lignes de mes écrits. Je parle de l’âme, cette entité joyeuse et heureuse, qui est notre nature première et que nous avons oubliée. C’est d’elle que provient l’inspiration des histoires. Elle donne vie au souffle, nous incitant à écrire telle ou telle histoire, à développer tel univers, à écrire dans tel genre, à nous amouracher de tel type de personnage. L’âme est la source infinie de toutes les histoires qui nous habitent. 

L’âme est la source infinie de toutes les histoires qui nous habitent. 

En tout cas, elle est la source d’où proviennent les histoires qui m’habitent. 

Lorsque je suis en phase avec cette source, le temps et l’espace disparaissent autour de moi, et je suis dedans. Je deviens un avec les mots qui s’écoulent hors de moi. J’entre dans les pensées de mes personnages, dans leurs émotions, leurs désirs, leur corps. Je ressens ce qu’ils ressentent. J’ai alors la sensation incroyable de vivre et de respirer. Tout ce qui constitue mon identité, en tant qu’être humain et en tant qu’âme, se déploie dans cette chambre intérieure sans crainte d’être rejetée, mise de côté ou évincée. Sans crainte d’être jugée, critiquée ou dénigrée. Je suis libre d’y déployer mes ailes. Je peux enfin exprimer qui je suis librement, et cela, pour le bien de l’histoire qui veut s’écrire à travers moi. 

Je deviens l’humble canal de ma force créative. Je ne contrôle rien, mais j’apprends, à force d’écrire des textes, à découvrir le genre d’histoire que je porte, le type de personnages qui veut vivre hors de moi, les univers et les thématiques récurrents dans mes écrits et le symbolisme qui revient. J’apprends à accepter que cela soit, sans que je me pose trop de questions. J’ai juste à être moi, à ouvrir les vannes intérieures et à laisser jaillir les histoires sur la page ou l’écran. C’est aussi simple que ça !

C’est aussi simple, mais ça peut parfois devenir compliqué, surtout quand nous faisons face à nos blocages psychologiques et à la peur de se jeter dans le vide. Pour écrire de cette façon, cela exige de faire preuve d’une profonde humilité. Le petit « moi », l’ego, doit lâcher prise sur ses intentions afin de laisser la place à ce qui veut se dire. Cela demande que l’on redevienne comme des enfants et que nous nous émerveillions devant chaque découverte que nous faisons, chaque phrase que nous écrivons, chaque mot qui s’aligne sur la page, chaque univers qui se déploie devant nous, chaque comportement inattendu de la part de nos personnages. Qu’on redevienne curieux. Notre force créative a des choses à nous montrer sur l’histoire qui s’écrit, mais aussi sur la vie, les gens et nous-mêmes. Écrire devient alors un élan exploratoire de notre monde imaginaire. Nous devenons des explorateurs voguant sur la mer intérieure à la découverte d’une perle rare, d’un personnage émouvant, d’une voie de guérison… 

Le petit « moi », l’ego, doit lâcher prise sur ses intentions afin de laisser la place à ce qui veut se dire.

Écrire est la plus belle aventure de ma vie !

Je suis de celle qui n’a pas de vision claire de ce qu’elle veut montrer au monde, contrairement à la plupart des écrivains. Mes écrits sont. Comme CELA, la VIE, est. Et si mes histoires touchent les cœurs, intéressent les esprits, nourrissent l’âme de qui les lit, alors j’en suis comblée. Cette matière fictive est passée à travers moi, à travers mes émotions, mes failles, mes manques, mes doutes, mes détresses, mon corps, mais aussi à travers mes joies, mon émerveillement, ma curiosité, mon amour pour toutes formes de vie, qu’elles soient réelles ou imaginaires.

Et toi, que ressens-tu lorsque tu écris, ou lorsque tu te perds dans une activité créative ? Expérimentes-tu parfois ce moment où le temps disparaît, où l’âme prend toute la place ?

J’aimerais beaucoup lire tes mots.


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