Dans mon équipe de bookstagrammeuses, que j’appelle chaleureusement la Team AnyJann, il y a Zoé, une adolescente de 14 ans qui a lu mon roman, Le pardon de Sophie-Ann. Zoé a ensuite publié son retour de lecture sur son compte Instagram : Lectrice_Z.
Zoé aime lire et écrire ; elle souhaiterait un jour devenir une auteure. Elle joue du piano depuis plusieurs années.
Elle écrit pour la Plume étudiante de l’Outaouais. Et comme premier article, elle voulait parler de son expérience de service presse et faire une entrevue avec moi. J’ai accepté, bien entendu ! Elle m’a envoyé ses questions par courriel. Et voici ce que je lui ai répondu.
- Depuis combien de temps écrivez-vous ?
Je raconte des histoires depuis que je sais écrire des mots. J’ai toujours aimé inventer des histoires, mais pendant des années, je ne l’ai pas considéré comme une activité sérieuse. Après avoir obtenu mon diplôme universitaire, j’ai enseigné les mathématiques au secondaire pendant 19 ans et j’ai élevé deux enfants en parallèle, avec mon conjoint. Pendant mes deux années sabbatiques (2003-2005), à la suite d’un épuisement professionnel, l’écriture s’est de nouveau imposée à moi.
Lors de ma visite à la librairie Clément Morin, qui, malheureusement, n’existe plus, j’ai découvert une revue intitulée « Écrire aujourd’hui ». Intriguée, je l’ai achetée et l’ai dévorée dès mon retour chez moi. À la fin de ma lecture, je me sentais heureuse et emplie d’une lumière intérieure réconfortante. J’ai compris que je désirais écrire des histoires. Cette revue a réveillé en moi l’appel de l’écriture.
- Comment avez-vous commencé à écrire ?
J’ai donc commencé à écrire, poussée par cette inspiration profonde. Au début, c’était très chaotique : les histoires surgissaient dans ma tête et je les écrivais de manière aléatoire et irrégulière. Le syndrome de l’imposteur régnait en maître tyrannique, suscitant en moi d’énormes doutes sur mon identité et mes créations, tout en m’effrayant par sa critique acerbe. De plus, j’ignorais totalement quoi faire de ces histoires qui me sortaient de la tête. Je ne connaissais rien à l’art d’écrire et de réécrire une histoire.
J’ai alors suivi divers ateliers d’écriture, des cours universitaires, et lu beaucoup d’ouvrages sur l’écriture et la narratologie. Je continue d’apprendre et d’approfondir mes connaissances, car il y a toujours de nouvelles choses à découvrir dans ce métier.
- Qui vous a influencé pour écrire un roman ?
Plusieurs auteurs, dont je suis fan, m’inspirent dans mon écriture.
Elizabeth Georges est l’auteur de romans policiers mettant en scène les enquêteurs Thomas Lynley et Barbara Havers. J’ai lu plusieurs de ses romans. Je suis une vraie fan et j’attends avec impatience la publication de son prochain livre. Grâce à cette auteure, j’ai découvert comment écrire à la troisième personne du singulier avec un narrateur qui se trouve dans la tête et le corps des personnages, mais qui n’a pas une connaissance omnisciente. L’histoire est racontée par le point de vue des personnages. C’est très intéressant. J’ai choisi d’employer ce style de narration dans mes récits, que ce soit dans mes romans (« Par amour pour Cédrik » et « Le pardon de Sophie-Ann ») ou dans les histoires non encore publiées.
Stephen King, quant à lui, m’inspire pour écrire des descriptions plus immersives (de lieux, de personnages, de décors…), pour créer une atmosphère captivante dans mes écrits. Il excelle dans l’art de la description.
En 2023, j’ai eu le plaisir de découvrir la saga littéraire « L’Assassin royal » de Robin Hobb, composée de 13 tomes captivants. Cette série m’a profondément marquée ! L’auteure m’a enseigné à compliquer la vie de mes personnages, à l’instar de Fitz, son personnage principal, qui ne connait pas la vie facile et doit constamment faire face à des épreuves multiples.
Robin Hobb excelle dans l’art de repousser les limites de chacun de ses personnages, les mettant constamment au défi et les faisant évoluer. Ce qui leur donne de la profondeur, du relief, mais surtout de l’authenticité.
- Depuis combien de temps pensiez-vous écrire « Le pardon de Sophie-Ann » ?
Cette histoire fait partie des premières histoires qui ont surgi de ma tête quand j’ai répondu à l’appel de l’écriture, entre 2003 et 2011. Je n’ai pas vraiment eu le temps de penser à elle. Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne pour moi. Les histoires sont déjà là, dans ma tête. Il me suffit de m’asseoir et de les écrire, un mot à la fois. Je ne suis pas une auteure qui réfléchit avant d’écrire. Je préfère écrire, puis réfléchir après, pendant les multiples réécritures.
- Cela vous a pris combien de temps à écrire ce roman ? Et environ combien de temps cela vous prend-il pour écrire un roman, en général ?
Pour ce roman, si je me souviens bien, j’avais mis plusieurs mois à écrire le premier jet. Ça devait être en 2005. À l’époque, comme je manquais encore de confiance en moi, j’avais laissé le manuscrit de côté pendant des années. Ce n’est qu’en 2021 que je l’ai ressorti et entièrement revu. Avec enthousiasme, j’ai commencé une nouvelle version, puis, chaque semaine, j’ai partagé un nouveau chapitre sur la plateforme Wattpad. La réaction positive des lecteurs a renforcé ma détermination. C’était stimulant. J’ai adoré mon expérience. Ce récit a même remporté le premier prix du concours littéraire Wattpad pour jeunes auteurs, été 2022, dans la catégorie « roman pour adolescents ». En 2023, je l’ai révisé à plusieurs reprises avant de le publier chez BouquinBec en 2024.
Mon roman, Par amour pour Cédrik, un thriller romantique pour jeune adulte, a lui aussi eu un parcours assez long. L’écriture a débuté en 2012 lors d’un atelier d’écriture sur la scène et l’écran que je suivais à l’École Scénique de Montréal. La parution du livre s’est ensuite faite en 2023, grâce à la plateforme d’autoédition Librinova. Entre les deux, il y a eu de nombreuses révisions du manuscrit, des tentatives infructueuses mais toujours enrichissantes.
Actuellement, je suis en train d’écrire une trilogie de science-fiction, une romance futuriste. J’ai débuté l’écriture en janvier 2016. Je travaille sur la réécriture du cycle 3. Je projette d’avoir terminé ce récit en 2025, soit neuf années après l’avoir commencé.
Comme tu peux le constater, chaque histoire possède un cheminement unique.
- Pourquoi avez-vous commencé à écrire ?
En vérité, mon parcours artistique et littéraire n’est rien d’autre qu’un chemin vers la découverte de soi. L’écriture est mon moyen d’exister, de respirer, de retrouver l’équilibre. C’est à travers l’écriture que je trouve mon identité, que je ressens ma présence en ce monde.
- Quelle est l’histoire du Pardon de Sophie-Ann ?
C’est l’histoire d’une adolescente qui rêve d’amour, mais qui se trompe de gars.
C’est l’histoire d’une amitié entre deux amies, qui subit une secousse mais qui se rétablit, car, au fond, cette amitié est solide.
C’est l’histoire des retrouvailles de deux ex-amoureux, qui se sont connus il y a longtemps, dans une autre vie.
C’est enfin l’histoire d’une recherche de soi, d’une découverte de sa propre vérité.
- D’où est venue l’inspiration de vos personnages ?
Comme je l’ai dit précédemment, cette histoire était prête à être écrite, elle était déjà ancrée dans mon esprit. Je ne crois pas qu’il y ait eu un événement spécifique qui m’ait poussé à l’écrire ; elle s’est simplement imposée d’elle-même.
En écrivant ces mots, j’ai l’impression d’être une créature étrange, car je ne fonctionne pas comme la plupart des écrivains. Tout est déjà en moi, comme si j’étais une bibliothèque humaine.
- Ce roman s’adresse à qui/quel âge ?
Le pardon de Sophie-Ann est destiné aux adolescents de 14 ans et plus, passionnés de romans de fiction surnaturelle et romantique.
- Écrivez-vous un autre roman ? Si oui, est-ce que ça sera la suite du Pardon de Sophie-Ann ?
En effet, comme je l’ai déjà mentionné, je travaille actuellement sur ma trilogie de science-fiction. Cependant, je viens de terminer l’écriture d’un recueil de nouvelles intitulé « Le papillon des retrouvailles ». Ce recueil était entre les mains de mon comité de bêta-lectrices, qui avait jusqu’à la fin du mois de novembre pour le lire et le commenter. Je suis actuellement en train d’intégrer les modifications qu’elles m’ont proposées. Ensuite, je collaborerai avec Bouquinbec pour concevoir et éditer mon recueil, qui devrait être disponible au printemps 2025, si tout va bien.
En ce qui concerne la suite du Pardon de Sophie-Ann, elle sera écrite, c’est certain, mais pas tout de suite. Je vais d’abord terminer les projets en cours, puis je me plongerai à nouveau dans l’univers de Sophie-Ann.
- En quoi avez-vous fait vos études ? Si ce n’est pas en littérature, avez-vous suivi des cours ou des formations pour être auteure ?
J’ai d’abord étudié l’enseignement des mathématiques au niveau secondaire et travaillé dans ce domaine pendant près de deux décennies, de 1990 à 2009. Par la suite, j’ai entrepris diverses formations pour perfectionner mon art de raconter des histoires. Je me suis inscrite au programme d’études littéraires à l’UQTR, mais à temps partiel. J’y ai suivi 10 cours qui m’ont permis d’obtenir un certificat personnalisé en lettres. Par la suite, j’ai poursuivi mes études en obtenant le certificat en création littéraire de l’université Laval. J’ai aussi participé à divers ateliers d’écriture, dont l’atelier long d’Élisabeth Vornarburg en 2010, l’atelier d’écriture pour la scène et l’écran de Martin Mercier à son école scénique de Montréal en 2012 et l’atelier intensif de Marie Clark en 2014. Depuis 2021, je suis membre d’un groupe de soutien à l’écriture, intitulé « Une Page à la Fois », animé par un coach remarquable, Anaël Verdier. Les séances se déroulent en ligne, grâce à la plateforme Zoom. Plusieurs de ces ateliers sur l’art du récit sont accessibles en ligne. Grâce à lui, j’ai considérablement progressé dans mon parcours d’écrivaine.
- Quel est votre travail ? (si vous en avez un autre qu’auteure)
J’ai abandonné l’enseignement pour me concentrer sur l’apprentissage de l’écriture et la rédaction de mes récits. Mais je suis également la conjointe d’un propriétaire d’une grande entreprise. Depuis 2021, nous habitons une petite propriété près du fleuve, avec un vaste espace extérieur. Je m’occupe de l’entretien du domaine. Si je devais décrire mon travail, je me définirais comme une gestionnaire domestique qui écrit des histoires. 😉
- Quels sont vos loisirs ?
La lecture, évidemment ! La randonnée pédestre. La marche rapide. Le cyclisme. Le yoga. Regarder des séries télé sur Netflix. La cuisine. La musique (je joue du piano). Les voyages (j’ai visité l’Italie et l’Espagne, entre autres). Mes soupers de « bonnes femmes » (une amitié qui dure depuis bientôt 30 ans). Visiter les musées. Assister à des concerts (blues et musique classique). Passer du temps en famille, avec nos deux garçons qui sont devenus des adultes inspirants et brillants.
- D’où venez-vous ?
J’ai passé les cinq premières années de ma vie à Sainte-Martine, une ville située près de la frontière américaine, en compagnie de mes parents et de ma petite sœur. Plus tard, en 1971, mes parents ont acquis une terre à la campagne, à Tingwick, petit village situé dans les Bois-Francs. Trois ans plus tard, nous avons emménagé. Tout récemment, mon père a vendu la terre et la maison familiale parce que c’était devenu trop grand pour lui à entretenir. Donc, la maison à Tingwick, située dans le rang 7, avec ses deux ruisseaux, le lac à la truite, la forêt, les grands champs, la grosse roche blanche dite « magique », la grange, les animaux, les oiseaux, les fleurs sauvages, les abeilles, les insectes, le grand potager, les odeurs de la campagne, a été mon univers d’enfance. C’était un environnement idéal pour la petite fille rêveuse et sensible que j’étais.
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