LANCEMENT COLLECTIF DE LA SÉM

Le 6 novembre dernier avait lieu le lancement collectif de la SÉM, la Société des Écrivains et Écrivaines de la Mauricie, au gentil petit bar, Le Zénob, à Trois-Rivières.

C’était pour moi la deuxième expérience de lancement collectif.

L’année dernière, je lançais mon thriller romantique pour new adult, intitulé Par Amour pour Cédrik, que je publiais avec l’aide de Librinova, une plateforme d’auto-édition française qui offre des services aux auteurs. 

C’est Lou Benedict, une autrice indépendante très engagée dans la cause des auteurs auto-publiés, qui m’a invitée à ce lancement collectif. J’y suis allée. Nous étions quelques auteurs auto-publiés qui lançaient leur livre. Durant ce 5 à 7, je ne me suis pas sentie tout à fait à l’aise parmi ces auteurs, qui sont presque tous primés et reconnus par la critique. Le syndrome de l’imposteur criait fort dans mes oreilles. 

Durant ces 5 à 7, chaque auteur présente son livre et/ou en lit un extrait. À la fin, les gens assistant au lancement ont la possibilité d’acheter l’un des livres des auteurs présents. 

L’année dernière, je n’ai fait aucune vente.

Cette année, chez BouquinBec, une plateforme d’auto-édition québécoise, je publiais Le Pardon de Sophie-Ann, un conte romantique pour adolescents. Et comme je suis membre de la SÉM, j’ai reçu l’invitation à participer au lancement collectif. J’y suis allée. Et cette fois, l’expérience a été plus agréable. J’ai encore fait face à mon syndrome de l’imposteur, mais l’écrivaine que je suis étant plus forte, je ne me suis pas laissée écrasée par lui. J’ai davantage ressenti que j’avais ma place parmi les écrivains de la Mauricie, comme si j’étais un membre de la famille.

Vous savez, dans la vie, on apprend toujours de nos expériences.

Au cours de ces 5 à 7, les deux animatrices mettent en lumière chaque auteur ou autrice en partageant la biographie que celui-ci ou celle-ci leur a transmise. J’ai trouvé que la mienne était assez succincte et froide comparée aux autres. Je ne présentais que mes dernières publications. On nous avait permis une bio d’une dizaine de lignes, ce que j’ai fait, mais j’ai bien vu que certains auteurs avaient pris la liberté de fournir une bio plus complète. L’année prochaine (j’ai l’intention de publier mon recueil de nouvelles, Le papillon des retrouvailles), je corrigerai le tir. Ma biographie sera plus chaleureuse. Je parlerai de mon passé, de mon parcours professionnel et des formations que j’ai suivies. 

De plus, pour présenter mon livre, je n’avais rien préparé, me disant que seule la lecture d’un extrait ferait l’affaire. Donc, une fois devant l’auditoire, j’ai babillé que je me sentais plus ou moins à l’aise de présenter mon œuvre, et j’ai lu mon extrait. Mais j’ai bien senti que je manquais de professionnalisme.

Cependant, en lisant devant les autres, une magie s’est opérée. D’abord, j’ai été un peu distraite par le monsieur assis en avant qui semblait mal à l’aise en écoutant ma voix : il bougeait sur sa chaise et replaçait nerveusement ses vêtements. C’est un auteur. Peut-être a-t-il ressenti ma nervosité, c’est tout à fait possible. Nous, les écrivains, on est de vraies éponges ; on ressent tout. Puis je me suis concentrée sur ma voix et l’histoire que je lisais. Et là, un vrai silence s’est établi dans le bar. Je lisais chaque phrase en interprétant chaque mot, comme si je me trouvais immergée dans l’histoire. Le temps et l’espace ont disparu ; seuls mes personnages et ce qu’ils vivaient existaient.

C’est toujours une expérience vivifiante pour moi de lire devant un public. Une partie de mon être s’anime, se déploie, étire ses ailes.

J’aime lire devant un public !!! 

Lire devant un public ferait-il partie de mon identité d’autrice ? 
Comment pourrais-je, à l’avenir, utiliser cette force pour exister et prendre ma place en ce monde ?

À la fin de ma lecture, je suis retournée m’asseoir à ma table haute, et la dame assise à côté de moi m’a confié qu’elle avait beaucoup aimé ma lecture et qu’elle avait l’intention de se procurer un exemplaire de mon livre. Plus tard vers la fin du 5 à 7, j’ai discuté avec un poète auto-édité, qui me confiait lui aussi qu’il avait bien aimé ma lecture. Nous avons échangé quelques minutes. Un bel échange, une belle connexion. Ce poète m’a offert en cadeau un exemplaire de son recueil de poésie. Et sa dédicace disait : « À Annie qui a charmé mes oreilles ».

Durant cette soirée, j’ai fait deux ventes. C’est mieux que l’année dernière, non ? 

Donc, ce que je retiens de cette expérience :

  • Rédiger une biographie plus complète. Ne pas avoir peur de dire d’où je viens, d’informer les gens sur les formations que j’ai suivies, de parler de moi…
  • Peaufiner davantage la présentation de mon livre (en rédigeant d’avance cette présentation et en l’apportant sur place pour la lire devant le public)
  • Lire mes histoires devant un auditoire ferait peut-être partie de mon identité d’autrice.

J’apprends toujours de mes expériences, et je grandis,
une publication à la fois.


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