Depuis le début août, je me suis remise à mon écriture. Je réécris le cycle 3 de ma trilogie de science-fiction, Mahdia ou l’éloge de la faim. Dans l’un des chapitres, j’avais à écrire une scène de combat entre des transhumanos (des humains transformés par les Kyars) et des hyènes mutantes. J’avais écris un court paragraphe décrivant la scène du point de vue de Mahdia. Mais c’était très maladroit. Je ne suis pas du tout à l’aise avec ce genre de scène. J’ignore totalement sur quel détail je dois focaliser l’attention du lecteur au cours de l’action. Bref, pour écrire ce genre de scène, je fais face à un mur.
Alors, j’ai fait appel à ChatGPT.
Je lui ai demandé ceci :
« Voici un passage d’une histoire que je suis en train d’écrire. C’est une science-fiction qui se déroule en 3025 en Espagne, qui s’appelle alors Tierra 6. Ce passage montre une scène d’affrontement entre une horde de hyènes mutantes et des transhumanos (des humains transformés). Je te demande de l’analyser et de me dire comment je pourrais l’améliorer pour qu’elle soit plus crédible. »
Puis je lui ai copié/collé ce passage. J’aimerais bien le partager avec toi, sauf que je ne le retrouve plus ni dans mes anciens fichiers, ni sur ChatGPT. Bizarre. Mais voici ce que l’IA m’a répondu après l’analyse de ce paragraphe.
*****
Ce passage décrit un affrontement intense et violent, et il contient déjà des éléments qui contribuent à l’immersion dans l’univers de la science-fiction que tu crées. Voici quelques suggestions pour rendre la scène plus crédible et encore plus captivante :
- Détails des capacités et des faiblesses :
- Pour renforcer la crédibilité de la scène, il pourrait être utile de préciser les capacités spécifiques des transhumanos et ce qui les rend vulnérables face aux hyènes mutantes. Par exemple, pourquoi ne peuvent-ils pas utiliser leur force phénoménale pour vaincre les hyènes ? Sont-elles trop rapides ? Ont-elles des capacités particulières, comme un venin ou une arme biologique qui affaiblit les transhumanos ?
- Description des mouvements :
- La scène gagnerait en dynamisme si tu décrivais plus en détail les mouvements des personnages et des créatures. Par exemple, comment les hyènes attaquent-elles précisément ? Sont-elles organisées, utilisant des tactiques spécifiques pour déstabiliser les transhumanos ? Et les transhumanos, comment réagissent-ils : ont-ils des stratégies de combat, ou sont-ils pris de panique ?
- Construction de la tension :
- La tension pourrait être accentuée en jouant sur le rythme de la narration. Par exemple, en commençant par des phrases plus courtes et saccadées pour décrire l’action immédiate, puis en ralentissant le rythme pour des moments de suspense ou de désespoir, comme lorsque Mahdia observe la chute des transhumanos.
- Réactions émotionnelles :
- Les réactions émotionnelles de Mahdia sont un bon point de départ. Pour accentuer la crédibilité de la scène, tu pourrais explorer davantage son état mental au fur et à mesure que la bataille progresse. Comment gère-t-elle l’horreur et la peur ? Est-elle paralysée ou pense-t-elle à une échappatoire ou une solution ?
- Logique interne :
- Pour assurer la crédibilité, assure-toi que l’enchaînement des événements suit une logique interne claire. Pourquoi les transhumanos commencent-ils à tomber subitement ? Peut-être que l’écume blanche qui jaillit de leurs bouches, nez, yeux, et oreilles est due à une attaque chimique des hyènes, une sorte de toxine que les transhumanos ne peuvent pas contrer ?
- Effets environnementaux :
- Développer l’impact de l’environnement pourrait aussi ajouter à la crédibilité. Par exemple, si le combat se déroule dans un espace confiné ou un terrain accidenté, cela pourrait influencer la manière dont les transhumanos et les hyènes se déplacent et combattent.
Voici un exemple d’ajustement en prenant en compte ces éléments :
Exemple révisé :
Les paupières grandes ouvertes, la bouche crispée, Mahdia déglutit devant le carnage. Les hyènes mutantes, des créatures à la peau écaillée, se ruèrent sur les transhumanos, déployant une vitesse et une agilité surnaturelles. Elles mordaient aux bras, aux cuisses, aux visages, leur morsure injectant une toxine qui paralysait instantanément les membres touchés. Les transhumanos répliquaient, arrachant les créatures de leur peau avec une force phénoménale, les soulevant comme des fétus de paille pour les projeter contre les murs ou sur leurs congénères, mais la horde semblait infinie.
Les coups de feu crépitaient, mais les hyènes revenaient toujours, leurs grognements résonnant comme un sinistre écho dans le couloir de métal. La tension monta d’un cran lorsque l’une des créatures, plus massive que les autres, bondit sur un transhumano, lui enfonçant ses crocs dans la gorge. Le sang jaillit, et avant que Mahdia ne puisse crier, l’homme s’effondra, une écume blanche jaillissant de sa bouche, de ses yeux, de ses oreilles.
Mahdia sentit la panique l’envahir. Cette lutte semblait durer une éternité, chaque seconde étirée par l’horreur de ce qu’elle voyait. Et alors que le dernier des transhumanos s’effondrait, son corps convulsant sous l’effet de la toxine, Mahdia se recroquevilla dans un coin, l’odeur putride de la mort remplissant ses narines, ses yeux fixés sur la horde qui se retournait maintenant… vers elle.
En modifiant ainsi la scène, on enrichit l’aspect visuel, on approfondit la tension émotionnelle et on renforce la crédibilité de l’affrontement.
*****
L’IA me donne un cours de narration sur comment raconter une scène de combat. C’est vraiment génial ! Ses conseils sont clairs et précis. Et elle inclut aussi un exemple de réécriture de ce passage. Toutefois, elle a écrit la scène comme si celle-ci se déroulait dans un couloir métallique, alors qu’en fait, elle se déroule à l’extérieur près de la muraille qui entoure le Realejo San-Matias, sur TIERRA 6. Il est vrai que dans ma consigne, je ne le lui avais pas précisé. De plus, elle imagine Mahdia comme étant la cible des hyène mutantes, alors que la réelle cible, ce sont les transhumanos. Car les Kyars, qui manipulent les hyènes, attaquent les transhumanos (qui transportaient Mahdia jusqu’à l’Abrigo) pour libérer Mahdia et lui permettre de poursuivre la « mission » qu’ils lui ont mise en tête. [Je n’entrerai pas trop dans les détails, sinon je risquerais de tout divulgâcher].
Je me suis donc inspirée de ces conseils et de l’exemple révisé de ChatGPT pour réécrire ma scène, qui s’est bien évidemment allongée. Pour la mise en contexte, j’inclus ici les paragraphes précédents.
Voici ce que ça donne :
Le transhumano qui la transportait la déposa près de la muraille sous un bosquet de roses sauvages. Le regard de Mahdia se fixa alors sur les trois immenses Kyars, debout, à l’orée de la forêt, derrière la horde de hyènes mutantes. Vêtus d’un simple pagne, immobiles, les pupilles agitées, ils remuaient leurs lèvres, mais aucun son n’en sortait. Aucun vent, non plus, ne soufflait dans la végétation environnante. Les oiseaux avaient même cessé de chanter. En cette petite clairière, il régnait un silence inquiétant.
Cette petite clairière lui sembla familière…
Raquel…
Le visage rondouillard d’une femme aux cheveux roux apparut dans son esprit. L’avait-elle déjà connue ?
Un puissant haut-le-cœur la saisit lorsqu’une exécrable puanteur lui parvint.
« Ce sont les hyènes », expliqua le transhumano aux yeux jaunes.
Un frisson glacial parcourut l’échine de Mahdia quand elle jeta un rapide coup d’œil sur ces hyènes. Jamais elle n’avait vu de créatures aussi hideuses dans Sin-Artes I. Recouvertes d’écailles épaisses et luisantes, elles arboraient des mâchoires massives aux crocs inégaux. Petits et perçants, leurs yeux d’un jaune phosphorescent, détaillaient leurs proies avec une avidité déconcertante. Ces immenses créatures salivaient, affamées. Leurs pattes avant, nervées, étaient munies de longues griffes acérées, alors que celle d’en arrière, plus courtes, plus larges et musclées, semblaient extrêmement puissantes.
Molina et les transhumanos échangèrent un bref regard, avant d’actionner leurs Dextrangh, prêts à affronter ces hyènes mutantes, ils avancèrent lentement vers ces créatures.
Un léger vrombissement retentit au loin.
La seconde suivante, dans un grognement sauvage, la horde de hyènes fondit sur les transhumanos.
Le ventre crispé, Mahdia déglutit devant la scène de carnage.
Les hyènes se ruèrent sur les transhumanos avec une vitesse et une agilité surnaturelles, leurs mâchoires massives mordant aux bras, aux cuisses, aux visages. Et les transhumanos répliquaient en arrachant les créatures de leur peau avec une force phénoménale, les soulevant comme des fétus de pailles pour les projeter contre la muraille ou sur leurs congénères.
Les tirs sifflaient, mais les hyènes, indestructibles, revenaient à la charge. Leurs grognements, un mélange de rugissements gutturaux et de ricanements stridents, résonnaient comme un écho de mort sur la muraille. Tétanisée, Mahdia avait cessé de respirer et déglutissait avec peine. L’air se densifia autour d’elle, et l’humidité, déjà accablante, s’intensifia. Les transhumanos ne s’en sortiraient pas ; ces monstrueuses créatures étaient trop puissantes ! L’une d’elles, plus imposante que les autres, bondit sur un transhumano et lui enfonça les crocs dans la gorge. Le sang gicla ; le transhumano s’effondra, une écume blanche s’échappant de sa bouche, de ses yeux, de ses oreilles.
Madhia réprima un cri lorsqu’elle reconnut le transhumano aux yeux jaunes…
Puis des transhumanos tombèrent l’un à la suite de l’autre, de l’écume blanche jaillissant de leurs yeux, bouche, oreilles, alors que les hyènes dévorèrent leur dépouille.
Paniquée, Mahdia chercha Molina du regard. Près de la muraille, entre d’immenses bosquets feuillus, la transhumano déchargeaient son Dextrangh sur deux hyènes qui esquivaient habilement ses tirs, coordonnant leurs mouvements afin de mieux l’attaquer, mais Molina réussissait elle aussi à éviter adroitement leur morsure. La voir se défendre ainsi éveilla soudain quelque chose en elle.
Va, Mahdia, sauve-la, souffla cette voix inconnue en elle. Agis comme la vraie libératrice de TIERRA 6.
Mahdia posa son regard sur les trois Kyars, dont la voix muette coordonnait toujours les attaques des hyènes.
C’est à eux qu’il faut s’attaquer.
Elle remarqua un sentier qui contournait la trouée ; il se faufilait entre d’immenses palmiers et passait juste derrière les Kyars. Elle sut alors ce qu’elle devait faire. Elle allait quitter son abri quand une douleur intense à l’intérieur de son coude l’arrêta.
MAHDIA. La voix d’outre-tombe crie des mots aux envies déracinées : « Enfuis-toi, quitte ce carnage. Retourne dans la ville, dans les rues, rencontre les gens, discute avec eux, entre dans leur maison, serre-les dans tes bras, répands le souffle de leur liberté. Va, Mahdia, va. Tu es la libératrice de TIERRA 6. VAAAaaa… »
N’écoute pas cette voix ! Elle est fausse ! Aide plutôt Molina !
Mahdia observa Molina : la transhumano se fatiguait ; ses gestes étaient plus lents, ses déplacements au sol, moins alertes, moins d’aplomb.
Mahdia ne sut qui, à ce moment précis, la contrôlait, mais la seconde suivante, elle rampa au sol vers le corps du transhumano aux yeux jaunes, saisit son Dextrangh, le remercia puis retourna se cacher.
Quatre hyènes s’attaquèrent maintenant à Molina, la transhumnao ne tiendrait plus longtemps.
Mahdia détalla sur le sentier en question quand une voix l’interpela: « Mahdia ! » Elle s’immobilisa : cette voix semblait provenir de l’extérieur d’elle-même. « Mahdia, ils arrivent ! » Elle reconnut la voix de l’unijambiste. « Ils arrivent, Mahdia. Ils arrivent… »
Le léger vrombissement entendu plus tôt résonna de plus en plus fort au-dessus de sa tête. Elle leva le regard. Rien.
Puis un jet, d’un jaune vif, venu de nulle part dans le ciel, s’abattit sur l’un des Kyars, qui se liquéfia en une gélatine informe au sol. Un deuxième jet puis un troisième. Les trois Kyars se désagrégèrent. Les hyènes se mirent à bondir partout, sans but, à se foncer dessus, jappant, grognant, hurlant. Certaines tombèrent raides mortes. D’autres décampèrent sous les tirs de Molina, la seule transhumano ayant survécu à l’attaque.
« Maki, fit l’unijambiste. Il est là, dans le vaisseau. »
Un vaisseau-amibe apparut au-dessus d’eux. Une immense cellule vivante arborant un vert pâle transparent et de petites ouvertures rondes à sa surface.
Je crois que cette nouvelle scène réécrite est beaucoup mieux. J’ai dû la relire de nombreuses fois et la réécrire chaque fois en ajoutant, ici et là, ce que je sentais qu’il manquait. Je suis assez satisfaite du résultat. Je n’ai pas suivi tous les conseils que l’IA m’a suggérés, car je devais rester fidèle à l’atmosphère de l’oeuvre, à son style, et à ce que vivait Mahdia intérieurement lors de cette scène. Sinon, ce passage aurait détonné avec le reste.
Donc, tout ça pour dire que ChatGPT peut être un outil efficace, si et seulement si on sait comment l’utiliser, si on connaît assez bien son histoire et son style littéraire puis sa manière personnelle de retravailler le texte. ChatGPT ne remplacera jamais l’auteur, car il n’est qu’une IA générative de textes et d’images puisés dans une banque de données. Il se base sur des modèles prédéfinis. L’auteur, lui, il est l’âme du texte, son souffle. Tout ce qui le constitue nourrit son empreinte littéraire sur la page. De plus, l’auteur jouit d’une source encore plus puissante que ChatGPT : l’omniscience de l’âme qu’il est. Et pour contacter cette source infinie, l’auteur doit mettre de côté son envie de tout contrôler et laisser son intuition le guider dans les histoires qu’il écrit.

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