où mes trames se nouent

comment savoir, comment reconnaître.  

les phrases s’effritent aux frontières. je ne suis qu’une enfant au besoin de mots, les vrais, ceux qui disent, construisent.

ne pas troubler l’espace

ne pas

exister

ma peur de vivre, branches étiolées d’un jour-pleureur. mes yeux roulent au loin vers un espoir aspiré. attendent.      rien.   rien en moi ne semble rêvée ni en joie. on ne pointe que la fêlure. je suis une jeune femme sortie de sa tête. ne plus être elle ; ce qui n’est pas.

mains de glaive sur ma peine, je crache la vie en pierres de soie déchirée. sciée en quatre    je suis     où cent morceaux éclatent.

que s’immisce dans la faille la lumière, que la pluie chaude des larmes anciennes nourrisse ma soif de m’étendre au-dessus de la pénombre. 

je m’ébroue dans mon sillage naissant, je trébuche tel un sourire d’oiseau. 

je danse, j’essaie. la piste, un rond de sou, sur une table trouée. des cavités fondues sous mes pensées corrosives. la lourdeur de n’être qu’un filet d’ombre entre deux rires, pleurs, me tire vers l’abysse. 

tomber 

ne plus revenir. 

fièvre en creux de voix, si triste dans ce champ miné, je marche. et des mots voltigent en esprit, rêvent à d’autres folies. des mains d’architecte qui me sculptent un royaume et ouvrent les battants ? ma voix, sourde à l’effervescence, s’éprend des mots et se grave dans l’ombre.

des histoires assoiffées hurlent : « nous entends-tu, nous t’attendons ». et moi, perdue dans la mare triste des jours crachats noirs. moi, je lève un pied puis l’autre, avance, trébuche sur les amas de peurs, n’entends qu’à moitié.     

le barrage invisible construit de mains aveugles m’éloigne de mon puits qui veille, m’attend. n’en pouvant plus, cette vie cristalline secoue mes draps mouillés et me frappe aux corps. 

la faille s’élargit. 

petits morceaux                        

perdus

aux mille vents. 

l’autre, toujours plus véritable : sesbesoins, sesdésirs. ma lampe du sacrifice braquée, je me détourne du puits.  

retour à l’élan, l’eau, la rivière : labeur au quotidien.

faire fi des autres. leurs sourires et leurs tapes dans le dos aux paroles de troubadours. que de mirages esseulés d’un bonheur factice. 

l’élan vient du dedans, de la brèche au creux du puits d’où s’échappe l’eau blanche du mystère, le mien.

je deviens l’alchimiste 

je transforme     

des mots s’enfuient entre deux lignes, des corps se déploient, des drames s’étirent     engluées de gêne s’érigent mes cathédrales fictives 

et le souffle se répand dans mes corps, en guérisseur, et cicatrise 

investie du présent, je retrousse manches, les mains fébriles, j’écris avec mes origines tatouées au ventre. pour moi, pour autrui. plus possible de contenir pour cause de maladie et autres brisures d’âme. 

jaillissent les mots, les vrais. s’épaissit une couche de vérité, la mienne, d’où se fortifient les bases à la nuque tournée vers la coulée profonde, d’où les phrases émancipées lèchent mes rives intérieures. je suis sauvage, vieille de mille siècles, et encore. la déferlante imaginée s’écoule, se libère. 

je respire 

enfin 

j’existe 

                                    enfin.

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