Des sacrifices : oui, mais pourquoi ?

Je suis une fille de parents divorcés. Forcément, le couple et tout ce qui s’y rattache sont au centre de ma vie. Depuis mes six ans, les relations amoureuses m’intéressent. 

J’ai besoin d’aimer et d’être aimée. 

Je suis avec le même homme depuis 35 ans, depuis mes 18 ans en fait, et ma vie avec lui n’est pas terminée. J’ai le désir de poursuivre ce voyage en sa compagnie jusqu’à la fin de mes jours.

Pourquoi rester avec le même homme toute une vie ? 

Évidemment, nous nous aimons très fort. Sinon, nous ne serions plus ensemble.

Mais il y a eu les enfants… 

Par amour pour nos fils, et parce que nous croyons aux bienfaits d’une famille unie, mon conjoint et moi avons dû faire des sacrifices. Nous avons été capables de mettre de côté des aspects de nos vies respectives qui nous étaient chers pour le bien de la famille. Cela demande une certaine forme de détachement, mais pas de manière à se dénaturer complètement. Je reste malgré tout moi-même (à 75%) en sa compagnie, et j’accepte qu’un 25 % de ce que je suis ne puisse pas exister avec lui. 

C’est ça, un couple : être capable de mettre de côté une partie de soi pour permettre à l’autre de s’épanouir à nos côtés. 

Dans son livre L’aventure amoureuse. De l’amour naissant à l’amour durable, l’écrivain et psychologue Jean-François Vézina écrit : « Pour que quelque chose soit sacrée, il doit nécessairement y avoir une forme de sacrifice. “C’est ce qu’on perd pour l’autre qui le rend si précieux”, mentionnait Saint-Exupéry. »

Mais la notion de sacré diffère d’un couple à l’autre, d’une famille à l’autre. Et c’est normal : les couples et les familles sont formés d’individus distincts, provenant de cultures variées, avec un bagage émotionnel et intellectuel singulier. Ils ont des besoins précis et des priorités basées sur un schème de valeurs bien à eux, ainsi qu’une capacité individuelle à s’éloigner de ces valeurs pour le bien commun.

Dans mon roman « Le père de mon enfant… », Joëlle est une jeune trentenaire, dont la vie tourne autour de son fils âgé de dix ans. Elle revient habiter à Gentilly dans le but de recréer une cellule familiale pour Cédrik. Mais certains obstacles lui barrent la route : les sentiments contradictoires qu’elle ressent pour Sahale, le père de son enfant, et la disparition d’anciens membres des Sémolines, groupe dont elle a fait partie durant son adolescence.  

Dix ans plus tôt, un drame a fait fuir Joëlle. Elle a quitté Gentilly pour aller vivre chez sa mère à Plessisville, alors qu’elle ignorait qu’elle était enceinte.

Pendant ces dix années, elle a fait en sorte que Sahale ne sût jamais où elle était ni qu’il avait un fils.

Cédrik a commencé à avoir des problèmes à l’école : bagarres dans la cour de récréation, échecs scolaires, peu d’amis… D’après le psychologue, Cédrik exprimait son besoin inconscient de connaître son véritable père.

Pour le bien de son fils, Joëlle sacrifie donc son désir de vivre une relation amoureuse épanouie avec un homme qui correspondrait à ses attentes, pour revenir vivre à Gentilly, vers Sahale, un homme brisé par son passé familial violent, et cela en dépit de sa peur incontrôlée de Sahale et de sa colère contre lui.

À l’instar de mon conjoint et moi, Joëlle sacrifie quelque chose d’important à ses yeux pour le bien de sa famille. Elle met son besoin personnel de côté pour le bien-être de Cédrik. Parce qu’elle l’aime…

Lorsque mon histoire débute, Joëlle est déjà installée à Gentilly.

Réussira-t-elle à former la famille rêvée pour son fils ? Sera-t-elle capable d’être de nouveau en couple avec Sahale ? Arrivera-t-elle à maîtriser sa peur irrépressible de sa violence ? Parviendra-t-elle à mettre de l’ordre dans les sentiments qu’elle ressent pour lui ?

Pour le savoir, il vous faudra lire mon livre, quand il sortira sur le marché. 

J’ai envoyé mon manuscrit à une dizaine de maisons d’édition, autant françaises que québécoises. Pour le moment, j’attends une réponse affirmative de l’une d’elles, celle qui croira en mon histoire et en moi comme autrice.

En attendant, je vous invite à lire l’extrait suivant tiré du chapitre 1.

Joëlle lui sourit, puis elle contempla son fils. Les bouclettes noires de Cédrik brillaient dans la lumière du soleil. Il avait la peau café au lait de Sahale, et le même nez, mais sa bouche et son menton lui venaient d’elle. Cédrik portait son chandail bleu à manches courtes d’où jaillissaient ses longs bras, et son vieux jean troué qu’il affectionnait, bien qu’il fût trop petit. En un an, il avait considérablement grandi, et ce n’était pas fini. Il avait hâte de la rejoindre et de la dépasser. Mais pas elle... Toute sa vie tournait autour de son fils. Quand il serait plus âgé, il quitterait la maison, irait étudier au cégep, à l’université, aurait une petite amie, ou un petit ami, irait vivre en appartement avec elle ou lui... Joëlle frissonna. Décidément, elle n’était pas prête pour ça.

Pour l’heure, elle avait d’autres priorités, mais elle douta d’elle-même, et de Sahale... Avait-elle fait le bon choix de suivre les conseils de ses parents et de revenir habiter à Gentilly ? « Fais-le pour Cédrik, Jo, même si tu es encore terrifiée, lui avait suggéré sa mère. Tu es qui tu es, ne l’oublie pas. Au primaire, tu t’occupais d’enfants malmenés dans la cour de récréation, tu les aidais à se sentir mieux. Et je l’ai constatée maintes fois à la clinique, quand tu rapportais les petits animaux blessés : ta capacité de comprendre leur douleur et de les aider à guérir était impressionnante. Cette aptitude, ma chérie, déploie-la pour ton fils. Toutes ces années, tu l’as reniée, figée par la peur que Sahale avait engendrée chez toi. Il est temps maintenant que tu sortes de ta cage ; aide cet homme à guérir afin qu’il devienne le meilleur père pour Cédrik. » 
Joëlle soupira ; elle ignorait comment elle y parviendrait. Un profond doute la torturait : s’il arrivait que Sahale, en perdant le contrôle de lui-même, levât la main sur son fils... 

Et vous ? Est-ce qu’il vous arrive de faire des sacrifices pour le bien d’une personne que vous aimez ? Si oui, quel bienfait cela vous procure ?

J’ai hâte de vous lire.

À bientôt, 

Annie J. Perreault

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